{"id":325,"date":"2024-10-28T15:56:58","date_gmt":"2024-10-28T14:56:58","guid":{"rendered":"https:\/\/aumfilms.eu\/?page_id=325"},"modified":"2025-02-20T13:54:30","modified_gmt":"2025-02-20T12:54:30","slug":"encontros","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/aumfilms.eu\/?page_id=325","title":{"rendered":"Encontros"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-custom-color-1-color has-text-color has-link-color has-body-font-family wp-elements-68b39993f41cfd62619b6dbdad4e3ed9\" style=\"font-size:clamp(46.584px, 2.912rem + ((1vw - 3.2px) * 4.627), 91px);font-style:normal;font-weight:700\">Encontros<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-accent-5-color has-text-color has-link-color has-heading-font-family wp-elements-9383a4e1687afa65a02ac141810e5e0e\" style=\"padding-top:10px;font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.625), 20px);\">un film de<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color has-body-font-family wp-elements-db023c7f263a22eee4ef10f7217dcb57\" style=\"border-style:none;border-width:0px;color:#12121280;font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.907), 25px);font-style:normal;font-weight:600\">Pierre-Marie Goulet<\/h2>\n<\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-0806e390e9b0c69ff11421b6724c0d97\" style=\"color:#ffffff00\">&#8230;..<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading alignwide\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.625), 20px);line-height:1.3\">Entretien avec <strong>Pierre-Marie Goulet<\/strong> \u00e0 propos de <em>Encontros<\/em><br><br><strong>L&rsquo;origine du film ?<\/strong><br><br>Mon film pr\u00e9c\u00e9dent, <strong>Polifonias <\/strong>&#8211; 1996 &#8211; avait comme axe central l&rsquo;\u00e9vocation d&rsquo;un personnage, Michel Giacometti \u00ab\u00a0le Corse qui aimait le Portugal&nbsp;\u00a0\u00bb <br>et qui sauva la m\u00e9moire de la culture populaire portugaise : la musique, les chants, mais aussi la m\u00e9decine populaire, les instruments de musique et de travail, etc\u2026 \u00c0 partir de son parcours l\u2019on d\u00e9couvrait d&rsquo;autres personnes, d&rsquo;autres territoires et des rencontres.<br>Notamment la rencontre finale entre les Alentejanos et les Corses qui chantent ensemble. Ce fut pour moi un tel choc \u00e9motionnel de rencontrer ces gens, notamment Virginia et les paysans-po\u00e8tes de l\u2019Alentejo, que je ne pouvais pas en rester l\u00e0. Je voulais qu\u2019ils continuent \u00e0 me raconter leurs histoires. Du mat\u00e9riel recueilli pendant le tournage, seule une petite part a \u00e9t\u00e9 mont\u00e9e dans <strong>Polifonias<\/strong>.<br>Pour un chant utilis\u00e9, j\u2019en avais enregistr\u00e9 six ou sept. Je ne voulais pas que ces chants, qu&rsquo;ils nous avaient offerts, soient enterr\u00e9s dans des bo\u00eetes de \u00ab\u00a0out\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00e0 dire perdus. Mais les rushes de <strong>Polifonias<\/strong> \u00e9taient trop proches : c\u2019\u00e9tait encore du souvenir, pas encore de la m\u00e9moire, comme il est dit dans <strong>Encontros<\/strong>. Du coup, je suis parti dans une toute autre direction, j\u2019ai fait un autre film qui n\u2019est pas la suite de <strong>Polifonias<\/strong>, m\u00eame si on retrouve des personnages, notamment Virginia. Mais des rushes, il ne reste presque plus rien, un peu de paysage et un bout de champ.<br>Ce qui reste, ce sont les rencontres plus que le mat\u00e9riel.<br><br><strong>Comment s\u2019est pass\u00e9 le tournage du film. Sa pr\u00e9paration ?<\/strong><br><br>La pr\u00e9paration, comme toujours, est principalement affaire de rencontres et d&rsquo;\u00e9coute. D&rsquo;approfondir des rencontres pr\u00e9existantes au tournage : Virginia, devenue le pivot d\u2019<strong>Encontros<\/strong>. Mighela Cesari\u2026 \u00c9couter\u2026 Pour d&rsquo;autres s\u00e9quences, notamment la projection de <strong>Mudar de Vida<\/strong>, le film de Paulo Rocha, il fallait cr\u00e9er les conditions. Furadouro, actuellement n&rsquo;a plus grand chose \u00e0 voir avec le Furadouro village de p\u00e9cheurs de <strong>Mudar de Vida<\/strong>, <br>c&rsquo;est devenu une station touristique de bord de mer. Et pourtant c&rsquo;est bien l\u00e0 qu&rsquo;il fallait organiser la projection du film, sur les lieux-m\u00eames du tournage de 1996. Il a fallu retrouver les personnes ayant particip\u00e9 au film, leur famille et amis\u2026 un travail assez long. Et pour paraphraser Paulo Rocha, nous avons eu recours \u00e0 toute l&rsquo;aide de sa famille pour retrouver les gens dispers\u00e9s, puis organiser leur transport jusqu\u2019\u00e0 Furadouro. Et l\u00e0, il n&rsquo;y a pas de salle de cin\u00e9ma. Il a fallu la cr\u00e9er. Quand les personnes sont arriv\u00e9es pr\u00e8s de la salle, puis y sont entr\u00e9es, il \u00e9tait \u00e9vident que le choix \u00e9tait le bon. Rien que de se retrouver ensemble, sur le lieu du tournage, avant m\u00eame le d\u00e9but du film, l\u2019\u00e9motion grandissait. C&rsquo;est un exemple, mais c&rsquo;est ainsi que nous avons proc\u00e9d\u00e9 dans la majeure partie des cas, comme lorsque nous avons emmen\u00e9 Virginia et Agostinho en Corse &#8211; dans <strong>Polifonias<\/strong>, ce sont les Corses qui venaient en Alentejo. Le tournage n&rsquo;a pas eu lieu en une seule fois. Il s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9 sur plusieurs p\u00e9riodes au long de deux ann\u00e9es. Ce n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vu comme \u00e7a au d\u00e9part, mais \u00e7a a permis de voir et de revoir le mat\u00e9riel \u00e0 chaque \u00e9tape, avant d\u2019entreprendre un autre tournage.<br><br><strong>Le film a donc trouv\u00e9 sa forme au fur et \u00e0 mesure, sans projet pr\u00e9con\u00e7u ?<\/strong><br><br>C\u2019est l\u2019histoire des deux \u00e9coles de sculpture, chinoises je crois. Toutes deux travaillent dans un \u00e9norme respect du mat\u00e9riau utilis\u00e9. L\u2019une pr\u00e9conise que <br>le sculpteur con\u00e7oive d&rsquo;abord en totalit\u00e9 son projet dans sa t\u00eate. Et une fois celui-ci con\u00e7u, il se met en qu\u00eate du bloc de pierre ou de bois dont le fil, <br>les veines correspondent \u00e0 la sculpture \u00ab\u00a0pr\u00e9con\u00e7ue\u00a0\u00bb &#8211; d\u00fbt-il consacrer le reste de sa vie \u00e0 cette qu\u00eate.<br>L&rsquo;autre \u00e9cole choisit un bloc de pierre ou de bois et se laisse guider par les veines de la pierre ou le fil du bois, en jouant avec mais en les respectant toujours jusqu&rsquo;\u00e0 ce que naisse la forme de la sculpture. Pour ma part, je crois que je ne cesse, dans le m\u00eame film, de passer d&rsquo;une \u00e9cole \u00e0 l&rsquo;autre.<br><strong><br>Le montage construit un film non informatif, fait de tissage, de rapports, d&rsquo;\u00e9chos. Pourquoi cette forme, et comment l\u2019avez-vous \u00e9labor\u00e9e ?<\/strong><br><br>Le montage ne devait pas suivre une structure \u00ab\u00a0informative\u00a0\u00bb, rien n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 pour cela. L&rsquo;information communique des faits et il ne s&rsquo;agit pas de cela avec <strong>Encontros<\/strong>. Il ne s&rsquo;agit pas de faire partager ou de donner \u00e0 conna\u00eetre des faits. Le fil joue davantage sur des \u00ab\u00a0\u00e9chos peupl\u00e9s d&rsquo;appels\u00a0\u00bb. J&rsquo;ai tourn\u00e9 en rond longtemps quant \u00e0 la mani\u00e8re de faire entrer en r\u00e9sonance les diff\u00e9rents blocs d\u2019espace-temps. J\u2019ai cherch\u00e9 un tissage effectivement, mais o\u00f9 ce serait la mati\u00e8re-m\u00eame qui guiderait.<br>C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019\u00e0 un moment, plusieurs \u00ab\u00a0noyaux\u00a0\u00bb cristallisent, et \u00e0 partir de l\u00e0 le film lui-m\u00eame refuse ou accepte ce qu&rsquo;on lui propose. Une autre question \u00e9tait la mani\u00e8re d&rsquo;utiliser l&rsquo;archive, <strong>Mudar de Vida<\/strong> notamment &#8211; hors du contexte de la projection. Les images du film ne pouvaient venir en \u00ab\u00a0illustration\u00a0\u00bb d&rsquo;un propos, de la conversation avec Paulo Rocha, sinon l\u2019archive aurait perdu de sa valeur, de sa qualit\u00e9 de fragment de temps. Il fallait organiser le t\u00e9lescopage entre le temps de l\u2019archive et le temps du tournage, un dialogue entre les \u00e9l\u00e9ments. Cela s&rsquo;est mis en place peu \u00e0 peu, par exemple quand les deux femmes du film se demandent off qui se trouve sur le haut de la dune, et qu\u2019on voit Paulo Rocha aujourd\u2019hui, face \u00e0 la mer. <br>Ou les plans de for\u00eat en couleurs, habit\u00e9s par le parcours du personnage de <strong>Mudar de Vida<\/strong>. La temporalit\u00e9 du film est singuli\u00e8re : ni un retour nostalgique au pass\u00e9, ni un simple retour dans le pr\u00e9sent de fragments du pass\u00e9. Plut\u00f4t des \u00ab\u00a0rencontres\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;indique le titre.<br>Le plan final r\u00e9sume &#8211; ou contient &#8211; l&rsquo;\u00e9trange relation du film avec le d\u00e9roulement du temps : un chemin sur lequel on s&rsquo;\u00e9loigne, le sentiment persistant que l&rsquo;on quitte quelque chose et, pourtant, \u00e0 chaque d\u00e9tour de la route, on retrouve dans un axe identique une montagne au fond, et elle semble ne pas avoir boug\u00e9, avoir la m\u00eame taille, \u00eatre \u00e0 la m\u00eame distance. Il y a de cela dans tout le film. Je crois que le t\u00e9lescopage de diff\u00e9rents temps \u00ab\u00a0historiques\u00a0\u00bb<br>ou \u00ab\u00a0chronologiques\u00a0\u00bb fait que la chronologie perd de son importance. \u00c0 mon sens, il ne peut pas y avoir de retour nostalgique vers le pass\u00e9, puisque le<br>pass\u00e9 ne tient pas la place qu&rsquo;on lui attribue habituellement. Le film se compose de diff\u00e9rents pass\u00e9s trait\u00e9s \u00e0 \u00e9galit\u00e9, tiss\u00e9s et rendus \u00e0 la pr\u00e9sence par un pr\u00e9sent qui lui-m\u00eame ne fait que passer.<br><br><strong>Quelle est la situation du documentaire au Portugal ?<\/strong><br><br>Celle du cin\u00e9ma en g\u00e9n\u00e9ral est tr\u00e8s pr\u00e9occupante au Portugal. Partout se d\u00e9veloppe un discours obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019audience et les chiffres. Par exemple, certains s\u2019emploient \u00e0 calculer le co\u00fbt de chaque spectateur d\u2019un film portugais subventionn\u00e9. Ce raisonnement est mis en pratique progressivement dans les r\u00e9glementations d\u2019aide \u00e0 la production. On cr\u00e9e un fonds d\u2019investissement pour industrialiser le cin\u00e9ma portugais. Aujourd\u2019hui, le documentaire est libre de la contrainte t\u00e9l\u00e9visuelle parce que lorsqu\u2019un film est soutenu par l\u2019ICAM &#8211; CNC portugais, ndlr -, les t\u00e9l\u00e9s sont oblig\u00e9es de verser un pourcentage de la subvention, qu\u2019elles aiment ou non le projet, qu\u2019elles comptent ou non diffuser le film. <br>Ce syst\u00e8me est menac\u00e9, dans l\u2019id\u00e9e de promouvoir un documentaire plus acceptable par les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9.<br><br><em>Propos recueillis par<\/em> Cyril Neyrat &#8211; <em>FID 2006<\/em><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-0806e390e9b0c69ff11421b6724c0d97\" style=\"color:#ffffff00\">&#8230;..<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery alignfull has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" data-id=\"1120\" src=\"http:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1120\" srcset=\"https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-1.jpeg 1024w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-1-300x169.jpeg 300w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-1-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" data-id=\"1122\" src=\"http:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-3.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1122\" srcset=\"https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-3.jpeg 1024w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-3-300x169.jpeg 300w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-3-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" data-id=\"1125\" src=\"http:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-6.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1125\" srcset=\"https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-6.jpeg 1024w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-6-300x169.jpeg 300w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-6-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" data-id=\"1121\" src=\"http:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-2.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1121\" srcset=\"https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-2.jpeg 1024w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-2-300x169.jpeg 300w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Encontros-2-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"454\" height=\"255\" data-id=\"1083\" src=\"http:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Virginia-estou-aqui-Michel.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1083\" srcset=\"https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Virginia-estou-aqui-Michel.jpg 454w, https:\/\/aumfilms.eu\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Virginia-estou-aqui-Michel-300x169.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading alignwide has-heading-font-family\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.625), 20px);\"><br><br>Vingt ans, 20&nbsp;films. On les a tous \u00e0 peu pr\u00e8s chroniqu\u00e9s et acclam\u00e9s dans ces pages, du <strong>Caf\u00e9 lumi\u00e8re<\/strong> de Hou Hsiao-hsien jusqu&rsquo;\u00e0 <em>Saraband<\/em> d&rsquo;Ingmar Bergman en passant par<strong> Crash<\/strong> de David Cronenberg. Restent cependant quelques titres moins connus comme <strong>Craneway Event <\/strong>&#8211; 2009 &#8211; de Tacita Dean ou la <strong>Belle journ\u00e9e<\/strong> &#8211; 2010 &#8211; de Ginette Lavigne. Deux documentaires, l&rsquo;un sur le chor\u00e9graphe Merce Cunningham, le second sur l&rsquo;\u00e9crivain Christian Prigent.<br><br>C&rsquo;est le moment de tenter l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 laquelle invite ce cycle de projection. Visionner un des films peu aper\u00e7us de cette s\u00e9lection, en spectateur vierge, puis aller lire l&rsquo;article de Trafic pour dialoguer avec le confr\u00e8re. Ce sera <strong>Encontros <\/strong>&#8211; 2006, documentaire franco-portugais de Pierre-Marie Goulet &#8211; projet\u00e9 lundi \u00e0 20&nbsp;heures.<br><br>Pour <strong>Encontros<\/strong> &#8211; \u00abRencontres\u00bb -, Goulet revient au village de Peroguarda, dans l&rsquo;Alentejo portugais. Ou \u00e0 celui de Furadouro, ou dans les deux, ubiquit\u00e9. L\u00e0 se m\u00ealent le souvenir de Paulo Rocha et son <strong>Changer de vie<\/strong> &#8211; 1966 -, fiction sur la fin du monde ancestral des p\u00eacheurs, mais aussi l&rsquo;\u00e9vocation du cin\u00e9aste et po\u00e8te Ant\u00f3nio Reis, dialoguiste de&nbsp;<strong>Changer de vie<\/strong>. Troisi\u00e8me homme \u00e0 \u00eatre convoqu\u00e9 : le&nbsp;Corse Michel Giacometti, qui fonda les archives sonores portugaises en enregistrant les chants des campagnards.<br><br>Effacement. C&rsquo;est donc sur l&rsquo;effacement, et l&rsquo;enregistrement de ce qui dispara\u00eet. Pierre-Marie Goulet filme d&rsquo;abord les paysages &#8211; terre, mer &#8211; avec le f\u00e9tichisme des enfants, comme on fait en plissant les yeux ou en se mettant t\u00eate en bas pour cerner un d\u00e9tail des cailloux, d&rsquo;un reflet qu&rsquo;on ne percute pas en temps normal, pour isoler un trait formel dans le d\u00e9j\u00e0-vu du quotidien. Puis il passe la parole \u00e0 ceux qui ont connu Ant\u00f3nio Reis. Il les \u00e9coutait, disent-ils. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas un po\u00e8te ou un cin\u00e9aste qui accapare. Reis donnait, au contraire. Pareil pour Michel Giacometti. On sent que pour Goulet, c&rsquo;est une sorte d&rsquo;art po\u00e9tique : le cin\u00e9ma qui offre par le fait m\u00eame de capter.<br><br>Du coup, ce qui int\u00e9resse th\u00e9oriquement dans <strong>Encontros<\/strong>, c&rsquo;est la question de la rel\u00e8ve du r\u00e9el. Le cin\u00e9ma est un art pour la mort, par les morts, <br>c&rsquo;est-\u00e0-dire pour la vie. Du moins, le vrai cin\u00e9ma, pas celui de l&rsquo;industrie, pas le paravent que d\u00e9non\u00e7ait Daney, pas le souvenir-\u00e9cran. Non, un cin\u00e9ma qui ressuscite ce &#8211; ceux ? &#8211; qu&rsquo;il touche. \u00c0 Hollywood, les films sont faits pour \u00eatre jet\u00e9s apr\u00e8s consommation. Tout le monde se fout de les pr\u00e9server. Mais il existe un cin\u00e9ma qui fait parler les morts. L&rsquo;acteur de ces films sait qu&rsquo;il imite la vie pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. M\u00eame morte, Dietrich est encore avec nous. \u00c7a ne marche pas au th\u00e9\u00e2tre, par exemple. On joue pour tout de suite, pas pour se survivre.<br><br>\u00ab&nbsp;<strong>Jardin<\/strong>&nbsp;\u00bb. Emerveillement du cin\u00e9ma que l&rsquo;on voit dans <strong>Encontros<\/strong>, avec les habitants du village qui assistent \u00e0 une projection de Changer de vie : ils reconnaissent les disparus, se revoient enfant pour quelques-uns. \u00c0 d&rsquo;autres moments, ils \u00e9coutent de vieilles chansons enregistr\u00e9es par Giacometti et les rechantent. Magie de l&rsquo;art, comme on l&rsquo;entend dans un po\u00e8me off : il fait \u00ab&nbsp;<em>reconna\u00eetre les bancs d&rsquo;un jardin sur lesquels nous ne nous sommes jamais assis<\/em>&nbsp;\u00bb.<br><br>L&rsquo;analyse dans le num\u00e9ro&nbsp;80 de Trafic est sign\u00e9e Bernard Eisenschitz. Mieux inform\u00e9e de l&rsquo;histoire des rencontres entre les artistes ici \u00e9voqu\u00e9s, proche de Goulet, elle \u00e9claire nettement le processus de cr\u00e9ation : \u00ab<em>Le cin\u00e9ma est une affaire d&rsquo;affinit\u00e9s \u00e9lectives<\/em>.\u00bb<br><br><br><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-body-font-family\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.625), 20px);font-style:italic;font-weight:600;line-height:0\">Encontros, r\u00e9el d\u00e9ploy\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-body-font-family\" style=\"font-size:14px;font-style:italic;font-weight:300;line-height:1.6\">Eric Loret &#8211; Le Monde &#8211; 11 janvier 2012<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-body-font-family\" style=\"font-size:11px;font-style:italic;font-weight:300;line-height:0\"><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encontros un film de Pierre-Marie Goulet &#8230;.. Entretien avec Pierre-Marie Goulet \u00e0 propos de Encontros L&rsquo;origine du film ? Mon film pr\u00e9c\u00e9dent, Polifonias &#8211; 1996 &#8211; avait comme axe central l&rsquo;\u00e9vocation d&rsquo;un personnage, Michel Giacometti \u00ab\u00a0le Corse qui aimait le Portugal&nbsp;\u00a0\u00bb et qui sauva la m\u00e9moire de la culture populaire portugaise : la musique, les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-325","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/325","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=325"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/325\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1704,"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/325\/revisions\/1704"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aumfilms.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=325"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}